Le gouvernement américain aurait suspendu la délivrance de visas et l’approbation du statut diplomatique des agents du Service national de renseignement devant être affectés à l’ambassade de Corée du Sud à Washington (주미한국대사관). Un haut responsable du Service national de renseignement en poste aux États-Unis aurait également reçu l’ordre de rentrer, mais n’aurait pas encore pu regagner la Corée du Sud, les consultations avec la partie américaine concernant notamment la passation de ses fonctions n’étant pas terminées. Les raisons précises de cette suspension et sa durée ne sont pas connues.

Contexte

Selon des informations de presse, les agents du Service national de renseignement exercent dans les ambassades à l’étranger sous des titres diplomatiques tels que ministre, conseiller ou secrétaire. Une source de la Commission du renseignement de l’Assemblée nationale sud-coréenne (국회 정보위원회) aurait indiqué qu’une grande partie des personnes concernées par ces affectations avait travaillé sur des opérations clandestines et des activités de renseignement liées à la Corée du Nord. On ignore toutefois si la suspension est liée aux activités d’agents ayant déjà travaillé aux États-Unis ou à des questions concernant les nouveaux agents qui doivent y être affectés.

La délivrance des visas et l’approbation du statut diplomatique conditionnent l’arrivée des agents dans leur pays d’affectation et l’exercice de leurs fonctions. Le report de l’arrivée des remplaçants, conjugué au retard du retour de l’agent déjà en poste, laisse donc craindre que le remplacement des effectifs et la passation des fonctions ne se déroulent pas comme prévu. Cela ne permet toutefois pas d’affirmer que les activités de renseignement ont déjà été interrompues ou que la coopération entre les deux pays a effectivement diminué.

L’essentiel est que la cause n’a pas été établie. Dans les milieux diplomatiques, certains avancent que des problèmes de confiance entre les deux pays, liés au différend autour de Coupang et aux activités de renseignement aux États-Unis de personnes issues du Service national de renseignement, pourraient avoir joué un rôle. Il s’agit de spéculations formulées dans le contexte de plusieurs dossiers, et non de faits établis quant à la cause.

L’un des points de friction liés à Coupang concerne l’enquête sur une fuite de données personnelles. En décembre dernier, le représentant par intérim de l’entité coréenne de Coupang a déclaré lors d’une audition parlementaire que l’enquête et les contacts avec la personne soupçonnée d’avoir provoqué la fuite avaient été menés sur instruction du Service national de renseignement, ce que celui-ci a démenti. En juillet dernier, la commission des Affaires judiciaires de la Chambre des représentants des États-Unis a affirmé, dans un rapport intermédiaire, que le gouvernement sud-coréen avait mené des enquêtes et imposé des sanctions de manière discriminatoire à l’encontre d’entreprises américaines telles que Coupang. Cette affirmation reflète la position d’un rapport du Congrès américain ; rien ne confirme qu’elle soit à l’origine de la suspension des visas.

Les controverses autour des activités des services de renseignement sud-coréens aux États-Unis ont également été évoquées. En 2024, Sue Mi Terry, ancienne analyste de la CIA spécialisée dans la Corée du Nord, a été inculpée par le parquet fédéral américain, notamment pour avoir agi pour le compte du gouvernement sud-coréen sans s’être enregistrée comme agente étrangère. Une inculpation signifie que des accusations ont été portées, et non que la culpabilité a été établie ; rien ne confirme non plus que cette affaire soit directement liée à la suspension actuelle des visas.

Le partage de renseignements avait déjà été rapporté comme un dossier distinct. Selon ces informations, les États-Unis ont limité certains renseignements sur la Corée du Nord qu’ils communiquaient à la Corée du Sud après que le ministre de l’Unification (통일부), Chung Dong-young, a présenté en mars dernier à l’Assemblée nationale le district de Kusong, dans la province de Pyongan du Nord, comme le site d’une installation nord-coréenne d’enrichissement d’uranium. Ce contexte explique les inquiétudes concernant la coopération en matière de renseignement, mais rien ne permet d’affirmer que la suspension actuelle des affectations et la limitation antérieure du partage de renseignements constituent une seule et même mesure ou découlent des mêmes raisons.

Ce que signifie cette nouvelle

Les personnes directement concernées sont les agents du Service national de renseignement affectés à l’ambassade à Washington et les responsables chargés de la passation des fonctions. Si les arrivées et les retours sont retardés en même temps, le renouvellement des effectifs sur place peut prendre du retard et la continuité du travail être mise à l’épreuve. Selon les informations rapportées, si ces retards se prolongent, les échanges de renseignements entre la Corée du Sud et les États-Unis pourraient être perturbés ; elles ne précisent toutefois pas quels échanges ont été touchés dans les faits.

Cette affaire retient l’attention car elle peut être interprétée non seulement comme un problème de visa concernant des diplomates, mais aussi comme un indicateur de la capacité des deux pays à poursuivre leur coopération en matière de renseignement de manière stable. À ce stade, les seuls faits établis sont la suspension des visas et de l’approbation du statut diplomatique, ainsi que le retard du retour de l’agent en poste. Il ne faut pas y voir la preuve d’un arrêt total de la coopération en matière de renseignement entre les deux pays ni d’une sanction officielle des États-Unis.

Par exemple, si le retard de l’arrivée des remplaçants se prolonge, le retour de l’agent déjà en poste et la passation de ses fonctions à son successeur pourraient être retardés, ce qui risquerait de peser sur la continuité des activités de renseignement. Il s’agit d’un scénario possible, et non de la confirmation que de telles perturbations se produisent déjà.

Ce qui est établi et ce qui reste inconnu

Faits établis

  • Selon plusieurs responsables gouvernementaux et sources diplomatiques, le gouvernement américain suspend la délivrance de visas et l’approbation du statut diplomatique des agents du Service national de renseignement devant être affectés aux États-Unis.
  • Un haut responsable du Service national de renseignement à l’ambassade de Corée du Sud à Washington a reçu l’ordre de rentrer, mais n’aurait pas encore pu quitter les États-Unis, les consultations concernant notamment la passation de ses fonctions n’étant pas terminées.
  • On ignore si la suspension est due aux activités d’agents déjà en poste ou à des questions concernant les nouveaux agents qui doivent être affectés.
  • Des inquiétudes quant à d’éventuelles perturbations des échanges de renseignements entre les deux pays ont été rapportées, mais leurs répercussions réelles ne sont pas connues.

Ce qui reste inconnu

  • Quelle est la raison précise pour laquelle le gouvernement américain a décidé de suspendre les procédures ?
  • Combien d’agents sont concernés et jusqu’à quand la suspension va-t-elle durer ?
  • Quand le haut responsable en poste sur place rentrera-t-il et quand son successeur prendra-t-il ses fonctions ?
  • Quels changements concrets les suspensions de visas ont-elles entraînés dans les échanges de renseignements entre les deux pays ?

Ce que les lecteurs doivent vérifier

  • Il faudra vérifier si, dans une communication ultérieure, le gouvernement américain explique officiellement les raisons de la suspension de la délivrance des visas et de l’approbation du statut diplomatique.
  • Il convient de suivre le retour de l’agent en poste, l’arrivée de son successeur et l’avancement de la passation des fonctions.
  • Il faudra vérifier si des informations ultérieures confirment que les échanges de renseignements ont été perturbés dans les faits, en distinguant ces confirmations des inquiétudes portant sur des perturbations possibles.