Depuis l’entrée en vigueur, le 2, du Code de procédure pénale révisé (형사소송법), les tribunaux sont confrontés à une situation confuse : les procureurs détachés auprès d’équipes spéciales peuvent-ils continuer à soutenir l’accusation ? La question centrale est de savoir si les ordres de détachement émis par le Service des procureurs, aujourd’hui supprimé, restent valables au sein de l’Office des poursuites, nouvellement créé. La 36e chambre pénale du tribunal central du district de Séoul a suspendu une procédure et reporté l’audience de clôture au 16, tandis qu’une autre chambre a reconnu le même jour la validité du détachement existant et poursuivi le procès comme prévu.

Contexte

La question est de savoir si un procureur détaché auprès d’une équipe spéciale alors qu’il appartenait au Service des procureurs peut continuer à participer à un procès sur la base du même ordre après le lancement de l’Office des poursuites, la nouvelle institution. Les tribunaux ne cherchent pas seulement à déterminer si le procureur a participé à l’enquête spéciale, mais aussi s’il est dûment habilité à soutenir l’accusation dans la procédure en cours. Soutenir l’accusation consiste, dans un procès pénal, à continuer de traiter l’affaire pour laquelle le procureur a engagé des poursuites et à faire avancer la procédure.

Le 2, la 36e chambre pénale du tribunal central du district de Séoul a suspendu, après une dizaine de minutes, le procès pour « détournement du budget du transfert de la résidence officielle », dans lequel sont notamment impliqués Kim Dae-gi, ancien chef de cabinet présidentiel, et Lee Sang-min, ancien ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. La chambre a estimé que les dispositions transitoires — qui précisent comment poursuivre les procédures en cours lors d’un changement de loi — ne clarifiaient pas si l’ordre de détachement existant demeurait valable après le changement d’institution. Elle a donc reporté au 16 l’audience de clôture prévue et demandé à l’équipe spéciale d’engager la procédure afin d’obtenir un nouvel ordre de détachement en tant que membre de l’Office des poursuites.

En revanche, la 35e chambre pénale du tribunal central du district de Séoul a poursuivi comme prévu le procès de Hwang Kyo-ahn, chef du Parti Liberté et Innovation, accusé d’incitation à l’insurrection. Cette chambre a retenu l’avis de l’équipe spéciale, selon lequel aucun nouvel ordre d’affectation ou de détachement n’était nécessaire, en se fondant sur la disposition transitoire de la loi sur l’Office des poursuites (공소청법), qui prévoit que « les procureurs du Service des procureurs sont considérés comme des procureurs de l’Office des poursuites ». Le même jour, au sein d’un même tribunal, les chambres ont donc apprécié différemment la validité des ordres de détachement existants.

Dans le procès en appel de Oh Se-hoon, maire de Séoul, concernant des soupçons de « prise en charge des frais de sondages d’opinion », la 7e chambre pénale de la cour d’appel de Séoul (서울고법) a indiqué que la qualité du procureur détaché auprès de l’équipe du procureur spécial Min Joong-ki, chargée d’enquêter sur les soupçons visant Kim Keon-hee, n’était pas clairement établie en droit pour participer à l’audience. Dans cette affaire, les observations finales et les réquisitions de l’équipe spéciale ont été présentées non par le procureur détaché, mais par le procureur spécial adjoint Park No-soo. Un juge président d’une chambre pénale de la région de Séoul a estimé qu’il faudrait émettre de nouveaux ordres de détachement pour l’équipe spéciale et, si des procureurs chargés de soutenir l’accusation avaient été transférés à l’Agence d’enquête sur les crimes graves (중수청), faire intervenir d’autres procureurs à l’audience.

Ce que cette information signifie

Cette question ne concerne pas seulement la qualité d’un procureur détaché : elle peut aussi influer sur le déroulement des procès selon le calendrier prévu. Comme dans l’affaire examinée par la 36e chambre, une audience de clôture peut être reportée si la chambre estime devoir vérifier la régularité de la procédure. Toutefois, une autre chambre a reconnu la validité du détachement existant et poursuivi le procès. Rien ne permet donc d’affirmer que tous les procès impliquant des équipes spéciales ont été suspendus ou que tous les détachements existants ont été invalidés.

Pour les accusés, leurs avocats et les équipes spéciales, il peut devenir important de savoir qui participe au procès et à quel titre. Il a notamment été avancé que, lorsque le procureur chargé de soutenir l’accusation a été transféré à l’Agence d’enquête sur les crimes graves, un autre procureur devrait intervenir. Il faut toutefois distinguer cette proposition de procédure, formulée par un juge président d’une chambre pénale de la région de Séoul, d’un principe général établi par les tribunaux.

Par exemple, les parties à un procès soulevant une question similaire ne devraient pas seulement vérifier si le calendrier a été modifié, mais aussi la manière dont le tribunal a traité la validité de l’ordre de détachement. Le présent article ne permet pas de savoir si de nouveaux ordres de détachement ont effectivement été émis dans chaque affaire, ni comment les procès se sont poursuivis en conséquence.

Informations sur les dispositifs et les aides connexes

Le guide juridique interne L1 explique que la possibilité d’utiliser une preuve dans un procès pénal peut dépendre de la manière dont elle a été recueillie et établie, ainsi que de la possibilité de contester son contenu devant le tribunal. En principe, une preuve recueillie illégalement ne peut pas être utilisée pour établir la culpabilité, mais des exceptions peuvent être admises. L’admissibilité d’une preuve — c’est-à-dire la possibilité de l’utiliser comme preuve dans un procès — est une question distincte de sa crédibilité et de sa force probante.

L1 fournit toutefois des indications sur l’admissibilité des preuves ; ce n’est pas une source permettant de déterminer si les ordres de détachement existants restent valables après le passage du Service des procureurs à l’Office des poursuites. Il ne faut donc pas confondre la question soulevée ici avec celle de l’admissibilité des preuves. Ces informations ne permettent pas non plus d’affirmer que la décision sur la qualité d’un procureur détaché pour participer à une audience rend automatiquement une preuve particulière valable ou invalide.

Faits établis et questions encore sans réponse

Faits établis

  • Depuis l’entrée en vigueur du Code de procédure pénale révisé, les tribunaux sont confrontés à une situation confuse quant à la qualité des procureurs détachés auprès d’équipes spéciales pour soutenir l’accusation.
  • La 36e chambre pénale du tribunal central du district de Séoul a suspendu le procès pour « détournement du budget du transfert de la résidence officielle » et reporté l’audience de clôture au 16.
  • La 36e chambre a demandé à l’équipe spéciale d’engager la procédure afin d’obtenir un nouvel ordre de détachement en tant que membre de l’Office des poursuites.
  • La 35e chambre pénale du tribunal central du district de Séoul a retenu l’avis de l’équipe spéciale selon lequel aucun ordre de détachement distinct n’était nécessaire, en se fondant sur la disposition transitoire de la loi sur l’Office des poursuites.
  • Dans le procès devant la 7e chambre pénale de la cour d’appel de Séoul, les observations finales et les réquisitions de l’équipe spéciale ont été présentées par un procureur spécial adjoint et non par le procureur détaché.

Questions encore sans réponse

  • Quelle est la décision juridique définitive sur la validité des ordres de détachement émis par l’ancien Service des procureurs après le lancement de l’Office des poursuites ?
  • L’Office des poursuites a-t-il effectivement procédé à de nouveaux détachements de procureurs auprès des équipes spéciales ?
  • L’audience de clôture reportée au 16 a-t-elle effectivement eu lieu, et quelles conséquences les procédures et le calendrier des autres procès ont-ils connues par la suite ?

Points à vérifier

  • Les parties à un procès concerné peuvent vérifier comment la chambre a statué sur la qualité du procureur détaché pour participer à la procédure et si la date de la prochaine audience a été modifiée.
  • Le présent article ne permet pas de savoir si un nouvel ordre de détachement de l’Office des poursuites a été émis. Il faut donc le vérifier séparément dans le cadre du suivi de la procédure concernée.
  • Si l’utilisation d’une preuve est en cause, il faut distinguer cette question de celle de la qualité du procureur détaché et examiner selon quelles procédures la preuve a été recueillie et établie, ainsi que la possibilité de la contester devant le tribunal.

Références